Le végétal urbain, un régulateur d’ambiances ?
Does urban vegetation regulate ambiances ?
 
05/02/2010
Edito n°27
Majorie Musy
• ingénieur de recherche, laboratoire CERMA UMR MCC/CNRS 1563, ENSA de Nantes
• researcher, CERMA UMR MCC/CNRS 1563, ENSA de Nantes
 
« Jardins familiaux en milieu urbain » Copyright : Marjorie Musy, 2008
 
« Le végétal est le grand oublié des débats sur la ville durable » [1] ? Pas pour longtemps ! Il est au centre du projet VegDUD coordonné par l’IRSTV, dans lequel nous étudierons la végétation comme une des solutions possibles au développement durable des villes.

Cette recherche explore les rôles climatiques, énergétiques et ambiantaux du végétal urbain.

La première étape consistera en l’élaboration d’une typologie du végétal urbain réunissant une documentation pluridisciplinaire des dispositifs végétaux (toitures végétalisées, parkings poreux, chaussées filtrantes, lagunage urbain…) et de leurs caractéristiques. Celle-ci sera basée sur les pratiques du végétal urbain (communes ou nouvelles) pour lesquelles nous proposerons d’établir les composantes d’un bilan global (environnemental, social, économique).

En parallèle, nous chercherons à quantifier les différents impacts sur l’environnement des dispositifs végétaux.

Deux modes d’investigation seront particulièrement développés : la mesure in situ et la simulation à l’aide de modèles de climatologie, d’hydrologie, d’acoustique urbaine, de thermique des bâtiments.

Les modèles devront être améliorés pour prendre en compte les effets de la végétation. Le volet expérimental nécessite la mise au point de techniques de mesure adaptées à la compréhension des phénomènes physiques induits par la présence du végétal (réseau de sondes, télédétection aéroportée…). Les résultats des campagnes expérimentales permettront à la fois de valider les modèles et d’acquérir une meilleure connaissance du site retenu (Nantes).

Pour modéliser la végétation à l’échelle urbaine, la mise en place de méthodes permettant d’acquérir rapidement une connaissance suffisante de la distribution du végétal urbain à grande échelle est indispensable. Un SIG, en lien avec la typologie proposée intégrera les acquisitions faites expérimentalement (télédétection). A partir de cette information sur l’état actuel de la ville, seront extrapolés des scénarios réalistes d’évolution fonctions d’orientations politiques, qui feront l’objet des évaluations. Pour ces extrapolations, nous distinguerons les leviers sur le végétal privé (jardins, dispositifs architecturaux) et le végétal collectif (squares, parcs, …).

Les dispositifs végétaux retenus feront l’objet des évaluations rétro et prospectives qui reposent principalement sur la réalisation de simulations comparatives à l’aide des modèles développés. Ils seront évalués individuellement, pour leurs effets à petite échelle puis des projections à grande échelle des dispositifs les plus intéressants seront analysées.

Ces évaluations des impacts environnementaux seront intégrées dans une évaluation globale regroupant les contraintes économiques, les aspects sensibles et les usages du végétal. En effet, la réflexion pour le développement équitable d’un aménagement végétal dans un site urbain ne peut être isolée ni du contexte construit, environnemental dans lequel le citadin se trouvera, ni de l’expérience plurisensorielle des utilisateurs et des usagers.

Les résultats permettront de compléter la typologie mise en place et qui constituera un outil opérationnel permettant d’orienter une politique climatique de la végétalisation urbaine et de répondre à une question d’actualité : Où et comment faut-il porter l’effort végétal en fonction des enjeux sociaux, ambiantaux, énergétiques, hydriques… posés par notre société ?
  Vegetation isn’t considered in debates about sustainable city  ? [1] It won’t last long ! It’s at the heart of VegDUD project that IRSTV coordinates.  In this project, we will study the vegetation as one of possible answers to sustainable development of cities.

This research explores the roles of urban vegetation in the regulation of urban microclimate, energy consumption and atmosphere.

We will first establish a typology of urban vegetation that will gather a multidisciplinary documentation of vegetable devices (green roofs, grass car parks, urban lagoons…) and their characteristics. This typo-genealogy will be based on the use (common or new) of  urban vegetation for which we will propose to establish a global balance integrating environmental, social and economical impacts.


In parallel, we will develop methods to quantify different impacts of vegetation on urban environment.

Two investigative ways will be particularly developed: in situ measure and numerical simulation using physical models (buildings energy models, microclimate models, urban sound models, hydrology models).

Models will have to be improved so that they take into account the vegetation effects. The experimental part implies the development of techniques adapted to the understanding of physical phenomena due to the presence of vegetation (probes, remote sensing). Experimental campaigns will allow validating the models developed in modeling tasks and having a better knowledge of the selected site (Nantes).


To build a model of vegetation presence and type at urban scale, it is necessary to develop methods allowing to rapidly acquire a sufficient understanding of urban vegetation presence at a large scale. A GIS based on the typology constructed in the project will incorporate experiments’ results (remote sensing). From this knowledge of the present site, it will propose simulations and applications to an urban development model including vegetation (alternative scenarios). For these extrapolations, we will distinguish private vegetal devices (gardens, architectural devices…) and collective ones (parks, trees raw…).

Selected vegetal devices will be tested in their past and future effects by the way of comparing simulations. They will be evaluated individually for their impacts at small scale and the most interesting ones will be projected at urban scale for evaluation.



The results will be integrated in a global evaluation including regulatory requirements, economic evaluation, perception aspects, and practice of urban vegetation. Indeed, thinking about the fair development of vegetable planning in an urban site has no sense if decoupled from the built context, the inhabitant environment and the multisensory experience of users.



The results will complete the typology, which one will constitute an operational tool allowing guiding a climate policy of urban vegetalisation and answering to present and urgent question: Where and how must we plan vegetation in function of  social, ambiance, energy, water management stakes induces by our society ?



 
NOTES
 
Référence électronique
Musy Marjorie. Le végétal urbain, un régulateur d’ambiances ? = Does urban vegetation regulate ambiances ?. Ambiances.net, Edito n°27, 2010/02/05. [En ligne] http://www.ambiances.net/index.php/fr/editos/141-le-vegetal-urbain-un-regulateur-dambiances- (Consulté le 18/05/2012).