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Catherine Lavandier, Maître de conférences au laboratoire MRTE de l'université de Cergy Pontoise, France, Acousticienne Pauline Delaitre, Doctorante au laboratoire MRTE, financée par le réseau R2DS de la région Île de France Maria Basile, Maître de conférences au laboratoire MRTE de l'université de Cergy Pontoise, France, Architecte

Pour comprendre quelles sont les caractéristiques des zones calmes en milieu urbain, Pauline Delaitre a récemment organisé deux ateliers de concertation dans le cadre de sa thèse. Ces ateliers se sont déroulés à Paris et à Cergy Pontoise et ont regroupé  une vingtaine d’habitants au total. La méthode utilisée a été inspirée des « cultural probes », méthode développée par Graver en 1999.

Lorsque l’on demande aux citadins : « Où iriez vous chercher du calme ? », les espaces verts sont souvent cités. Mais après quelques échanges, la caractéristique principale qui émerge, au delà de la présence de verdure, est la qualité du lieu à être perçu comme extérieur à l’espace temps urbain. La zone calme permet de s’évader de l’ambiance urbaine : « Je trouve que quand on est avenue de Clichy [à Paris], c’est très bruyant et quand vous rentrez là, vous avez l’impression d’être dans un village ». Pour qualifier une telle zone, la comparaison est très souvent utilisée. Le calme est souvent cité en référence à une autre situation: « [Ce parc] il est plus calme que celui là ». Les zones calmes se remarquent par le changement d’ambiance qu’elles proposent, que ce soit à travers une évolution spatiale ou une évolution temporelle. Plus le contraste entre deux zones ou deux moments est important, plus l’impression de calme est grande : « Une rue moche, bruyante, ce n’est vraiment pas le côté sympa de Pontoise, et là vous êtes dans ce cimetière que par ailleurs je trouve très moche, et pourtant, et bien c’est hyper calme ». Lorsque les sens sont sollicités pour leur fonction d’alerte, une fatigue attentionnelle peut en résulter : « Lorsqu’il pleut, ce n’est pas calme. La pluie rend la chaussée et les trottoirs glissants. La pluie peut gêner la vision des véhicules et peut même masquer certains bruits ». Une zone calme est perçue comme un endroit serein et sans danger qui permet de relâcher l’attention : « Quand je peux le regarder [l’orage] d’un endroit où je me sais en sécurité, ça m’apaise ».  Pour être associée au calme, une zone doit être exempte « d’agressions », qu’elles soient visuelles ou auditives: « Le bus, c’est plus calme que le métro. […] Il y a le bruit du métro en lui-même et les sonneries à toutes les stations ». «Il n’y a pas de bruit et pourtant  je ne considère pas cet endroit comme calme.  Mais c’est parce que visuellement c’est très agressif pour moi ». Le calme permet donc de ressentir des éléments qui peuvent rappeler la nature : « Quand il y a des petits chemins, des jardins, le sol est moins dur. La texture est plus agréable, ça fait penser à des textures de campagne ».

Les ateliers ont montré que dans certaines situations le calme peut être inapproprié ou faire peur : « C’est très calme mais c’est un peu mort ».  La directive européenne sur la gestion du bruit de l’environnement demande de mettre en place des plans d’action pour préserver ces zones calmes. Ne faudrait-il pas aussi préserver les zones de hautes qualités acoustiques comme le suggère Lex Brown ? En effet, l’animation qui est en général liée à la présence humaine peut être souhaitée, car elle est souvent associée à la notion de partage. Toutes les caractéristiques évoquées ci-dessus doivent maintenant être déclinées en terme d’urbanisme afin d’aider les décideurs à mettre en place leurs plans de prévention du bruit dans l’environnement.

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